Écriture de contenu: les vieilles recettes restent les meilleures

oligvy francoise-giroud
Dans un monde boulimique accro à la nouveauté, il n’est jamais mauvais de prendre une pause entre un Tweet et un Snapchat pour essuyer la broue qu’on a dans le toupet et réfléchir au sens que peuvent prendre les choses.

On aura beau inventer une énième application aéro-numérique ou créer de nouvelles plateformes hyper-sociales, depuis que l’australopithèque a découvert l’humanité, certains grands principes sont immuables. Comme une bonne collation pour caler l’estomac, un peu d’eau fraîche pour étancher la soif, un sourire de compassion pour consoler les peines.

En matière de communications, c’est la même chose. Ce qui marchait autrefois dans les échanges de grognements entre hommes des cavernes fonctionne encore aujourd’hui entre les marques et leurs auditoires. Une question appelle une réponse. Une demande entraîne une action. Un long salmigondis de borborygmes suscite un lever de sourcil dubitatif.

On a beau vouloir se projeter désespérément dans l’avenir, il n’y a pas de mal à se pencher sur le passé pour se rappeler les bonnes vieilles recettes de nos prédécesseurs.

Prenez David Ogilvy, un des bonzes de l’époque Mad Men. En 1948, David crée Ogilvy & Mather à New York. Rapidement, l’agence devient une multinationale avec des ramifications sur tous les continents. David Ogilvy sait communiquer. Il devient, dans les années 1960-70, un modèle d’inspiration pour des générations de rédacteurs-concepteurs. En 2016, David Ogilvy a toujours des choses à nous apprendre.

Bien avant les tops 10 de Buzz Feed, le célèbre publicitaire proposait déjà «10 trucs pour mieux écrire». Cette liste toute simple de conseils efficaces pour permettre à l’idée de se faire comprendre fonctionne encore. Pourquoi irions-nous en inventer une autre ?

  1. Lisez le livre « Writing that works » de Roman et Raphaelson. Lisez-le trois fois. (C’est d’autant plus facile qu’il est disponible sur Slideshare)
  2. Écrivez comme vous parlez. Naturellement.
  3. Utilisez des mots simples. Faites des phrases courtes. Écrivez des paragraphes concis.
  4. N’utilisez jamais de jargons. C’est la marque des prétentieux.
  5. N’écrivez jamais plus de deux pages, quel que soit le sujet.
  6. Vérifiez vos citations.
  7. N’envoyez jamais une lettre (aujourd’hui on dirait un courriel) ou un mémo le jour où vous l’avez écrit. Relisez à voix haute et publiez le lendemain.
  8. Si c’est vraiment très important, demandez à un collègue de vous aider à l’améliorer.
  9. Avant d’envoyer votre lettre ou votre mémo, assurez-vous que ce que vous attendez du destinataire est clair et compréhensible.
  10. Si vous voulez de l’ACTION, n’écrivez pas. Allez voir la personne concernée et dites-le en personne.

On peut difficilement être plus clair. Et plus juste.

De son côté, Françoise Giroud, journaliste, éditrice, rédactrice en chef, écrivaine et femme politique du XXe siècle, rappelait aux gens avec qui elle travaillait cinq règles de base de l’écriture journalistique. Celles-ci s’appliquent plus que jamais pour que les contenus soient efficaces.

  1. Accrocher : inutile d’avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur vous a lâché à la quatrième. Les trois premières lignes d’un article doivent accrocher et aller à l’essentiel.
  2. Couper : si on peut couper dix lignes dans un article sans enlever une seule idée, c’est qu’il y avait dix lignes de trop. Il y a toujours quelque chose à couper dans un texte. Et si vous rejoignez le 1 et le 2, les Américains diraient : on doit toujours  pouvoir couper un texte en commençant par la fin puisque l’essentiel se trouve dans le titre, puis dans le chapeau en un peu plus long, puis dans le début du texte, etc., etc.
  3. Affirmer : jamais de point d’interrogation dans un titre. Nous sommes là pour donner des réponses, pas pour poser des questions.
  4. Dynamiser : placer un verbe dans un titre le renforce. Et c’est encore mieux si ce verbe est au présent ou au futur.
  5. Simplifier : suivre le conseil de Paul Valéry : de deux mots choisir le moindre. Autrement dit, des mots simples, sans répétition et surtout pas d’adverbe !

Aux trucs d’Ogilvy et de Giroud, j’en aurai rajouté un dernier pour que vos contenus soit solides, pertinents et intéressants: écoutez les conseils de vos anciens et n’hésitez pas à les appliquer aux plateformes contemporaines. Mais puisque vous êtes arrivé jusqu’ici, je crois que la job est faite.

Texte publié dans Infopresse.

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