Golden Globes: l’oubli de Spielberg

La soirée des Golden Globes rassemble la crème de la constellation des stars mondiales. Sous prétexte de remettre des bibelots, on y croise dans une ambiance paillettes décontractées Brad Pitt, Angelina Jolie, Leonardo di Caprio, Kate Winslet, George Clooney, Claire Danes, Sidney Poitier, Morgan Freeman, Meryl Streep, et j’en oublie.

À voir certaines stars sur le tard, les Golden Globes, comme toutes les soirées hollywoodiennes, ressemblent à s’y m’éprendre à une soirée Botox où les messieurs seraient invités à venir en smoking et les femmes rivaliseraient d’audace et de ridicule avec leur robes à plusieurs milliers de dollars.

Mais on ne regarde pas les Golden Globes uniquement pour s’enivrer de vedettes, s’éblouir de paillettes, s’ébaudir à la vue de couples connus et baver devant tant de bijoux extravagants, on attend aussi impatiemment le discours de remerciement qui fera date dans l’histoire des galas.

À part celui de Morgan Freeman qui a reçu le prix Cecil B. DeMille pour l’ensemble de sa carrière et dont le “If you do what you love, then you’ll never work a day in your life” devraient faire réfléchir tous ceux qui travaillent uniquement pour l’argent, nous n’avons pas été gâté en remerciements militants, en discours émouvants ou en gestes choquants.

Pour moi, ce qui a été le plus grand moment des Golden Globes, c’est indéniablement l’oubli déplorable et scandaleux de ce bachibouzouk de Steven Spielberg qui est allé cherché le prix pour le meilleur film d’animation pour son interprétation très bing-bang-pan-pan-effets spéciaux-poursuites-explosions d’un monument de la littérature dessinée : Tintin. Ce flibustier n’a pas eu un seul mot pour Hergé, le créateur, l’auteur, le père, l’âme de Tintin.

Pour celles et ceux qui ne connaissait pas l’œuvre de Hergé, il semblait clair que ce moule à gaufres de Spielberg s’en appropriait la paternité.

Si un doryphore comme Spielberg peut se permettre devant des milliards de mille millions de téléspectateurs de dépouiller un créateur immense comme Hergé, on peut imaginer le sort réservé à tous les scénaristes obscurs qui ont porté à bout de plumes les grands films de l’histoire du cinéma et dont les noms ont été oubliés au fin fond d’un générique écrit en 10 points qui défile à la vitesse d’un train sans freins.

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS

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