La télé c’est mieux… à la télé

J’étais dimanche à la soirée des prix Gémeaux. Pas comme vous, confortablement installé dans votre fauteuil favori avec un verre de votre breuvage préféré dans une main et la main de votre conjoint(e) chéri(e) dans l’autre.
Non, j’avais la chance de posséder un précieux billet qui m’a permis d’accéder à la remise des prix en direct dans la salle du Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, de prendre, avant, quelques bouchées avec le gratin de la télé et, après, de me faufiler entre les gagnants de la soirée et les autres artisans de la télé pour un party aussi bruyant que bien arrosé.

Oui, les bouchées étaient bonnes, les artistes beaux, bien habillés et toujours prêts à vous faire un sourire. Mais assister à une soirée télé dans les sièges droits et collés d’une salle de théâtre plutôt que dans le confort de votre salon payé en trois versements égaux relève plutôt de l’effort d’imagination.

Je vous résume l’histoire.

Véro est là, belle, pimpante, généreuse, volubile, drôle, professionnelle,… mais si loin, si petite dans un décor si grand. Ses présentations sont parfaites, ses textes sont justes et comme il faut, les gagnants sont émus, préparés, spontanés, émouvants, amusants, les présentations sont ni trop longues ni trop courtes, les extraits sont bien choisis, les discours protocolaires ne sont pas plus envahissants que des discours protocolaires habituels. Mais autour de Véro et des gagnants, il y a le ballet incessant des caméras dans un décor sans mouvement. Vus de votre place au balcon, les sourires ou les larmes des gagnants n’ont pas la même émotion et les décolleté ne sont pas aussi pigeonnants que sur votre écran HD. Les monologues sans montage sont monotones. Les extraits vidéos sont, au mieux, projetés sur un écran géant, au pire, cachés par un mur de projecteurs. À chaque pause, on demande à la foule d’applaudir comme si sir Paul venait de débarquer afin de meubler le silence avant que l’émission ne recommence. Si vous vous levez pour un petit tour aux toilettes en enjambant des robes à paillettes et des smokings, vous devez attendre la pause suivante pour réintégrer votre place. Et à la sortie de la salle, les photographes et les journalistes se précipitent sur les gagnants qui ont à peine le temps d’esquisser un mot.

Vous n’avez rien vu de cette cacophonie. C’est la magie de la télé et c’est à la télé qu’elle se voit le mieux.

1 commentaire

  1. Jordan Chénard · 29 septembre 2010 Répondre

    Ça justifie encore plus l’absences de certains artistes qui n’aime pas ces soirées.
    Ex.: Marc Labrèche. 😉
    Personnellement, j’ai assisté à deux galas (pas aussi jet-set: CRÉA et Stratèges de l’APCM) et j’ai trouvé ça étrange. C’est plutôt le principe de se couvrir de fleur entre nous durant une soirée à durée déterminée quand, tout au long de l’année, les couteaux volent bas entre les membres des différentes cliques.
    Comme si on déguisait en tulipes les armes qui nous servent au quotidien. C’est coloré, mais pas très subtile. 😛

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