Les enseignes

En parcourant, la semaine dernière, le Québec d’un bout à l’autre par les petites routes de campagnes qui traversent les villes et les villages, j’ai constaté qu’il était difficile de trouver du bon pain quand on a faim.

J’ai voulu m’arrêter chez un Boulanger. J’en ai aperçu un en sortant de Saint-Chose-de-Trucmuche. Il avait une bien belle enseigne visible de la route avec BOULANGER en grosses lettres rouges et bleues qui se découpaient sur un plastique blanc un peu jauni par le temps. J’ai mis mon clignotant et ralenti prudemment en me mettant sur l’accotement afin de ne pas me faire emboutir par le camion chargé de troncs d’arbres qui me collait au cul. J’ai laissé passer le trafic avant de traverser la route et de me garer dans le vaste stationnement en gravier d’un bâtiment carré en acier galvanisé.

Ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

J’aurais dû lire “Boulanger inc. carrossier”, le roi du débosselage, spécialiste en peinture, réparation et antirouille.

Plus loin, alors qu’il était bientôt l’heure du pic-nic, j’ai vu l’affiche rutilante d’un Boucher. Je salivais à l’idée d’acheter quelques tranches de jambon maison, du bacon, des cretons, qui sait, peut-être même un bon saucisson. J’ai vite déchanté. Vincent Boucher était plombier et vendait des robinets.

Et c’est comme ça partout.

J’ai cherché en vain un fromager en campagne, une petite épicerie de quartier, une boutique avec des produits du terroir dans les villages bucoliques de notre territoire. À part le poissonnier du village de Kamouraska, je n’ai vu que les enseignes banalisées des mêmes chaînes installées aux quatre coins du pays: Walmart, Tim Hortons, Canadian-Tire, Dollorama, Couche-Tard, McDo, PFK,…

Même le Fruitier ne vendait pas de fruits. Il jouait de la musique.

Chronique publiée dans BRANCHEZ-VOUS.com

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