L’étincelle

Les grands incendies sont souvent le fruit des petites étincelles. Il ne faut pas négliger les petits détails qui peuvent déclencher le feu des grandes passions.
Les plus déprimés d’entre vous diront avec toute l’amertume qui les caractérise qu’une étincelle suffit à faire exploser un dépôt de munitions ou embraser toute une population qui plie sous le poids de la dette de son gouvernement. Vous aurez une fois de plus raison. Mais si les munitions étaient bien gardées et les populations bien dirigées, il n’y aurait pas de raison pour que ça explose.

L’étincelle dont je parle, celle qui nourrit les passions et attise les feux de l’amour, est beaucoup plus subtile et tellement plus difficile à déclencher. C’est d’elle que naissent les projets, s’illuminent les destins et se bâtissent les pays.

Il suffit de trois fois rien mais de beaucoup de foi. Il suffit de vouloir pour pouvoir et non pas, comme trop de gens en manque de sens le pensent, de vouloir le pouvoir.
L’étincelle est en nous. Oui monsieur le sceptique chronique, elle est en vous aussi. Et en vous aussi, le naïf, le paresseux, la fashion-victime, l’anarchiste, le touriste, la nymphomane, le poète et même en vous, le blasé.

Si nous mettions toutes nos étincelles en commun, imaginez le feu d’artifice.
J’ai écrit ce billet un matin pluvieux dans le métro de Montréal. Vous auriez dû voir les étincelles qui brillaient dans les yeux des passagers.

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.com un matin pluvieux.

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