Pareil, pareil, pareil

La société de surconsommation, le libre marché et la loi du plus fort ont transformé le paysage bucolique de nos sociétés post-modernes en addition de boulevards Taschereau un lendemain de boxing day.
Promenez-vous en Amérique. Visitez les villes. Attardez-vous aux banlieues. Pénétrez dans les centres d’achat. Arpentez les autoroutes urbaines entourées de concessionnaires de VUS et émaillées de chaînes de restauration rapide.

C’est partout pareil.

De Vancouver à Halifax. D’Ottawa à Orlando. De Saguenay à Sacramento. De Laval à Brossard. Les mêmes enseignes. Les mêmes burgers insipides. Les mêmes poulets frits. Les mêmes cafés fades. Les mêmes boulevards tristes. Les mêmes lignes de prêt-à-porter fait en Chine à la chaîne. Les mêmes succédanés d’exotisme en béton. Les mêmes imitations en plastique de chinoiseries à un dollar.

Du pareil au même.

Au Canada, on assiste depuis quelques années à une Timhortonisation extrême de l’environnement. J’ai fait le test entre Montréal et Ottawa. À chaque sortie, un Tim Horton. Pas le choix. Pas d’alternative. Vous voulez un espresso? La chaîne de beignes beiges qui vante son café comme Charest vante son bilan politique n’en a pas la moindre goutte. Que du café délavé. Et ne cherchez pas un petit commerçant indépendant qui offrirait un café serré ou des croissants maison. Ils sont aussi rares sur nos routes et dans nos campagnes que le grain naturel dans un poulet séparé mécaniquement.
Dans les aires de consommation c’est le désert de l’originalité. Même les centres villes des petites agglomérations ont été contaminés par le virus de la Timhortonisation. Il y en a déjà, selon le site officiel de la multinationale du déroulage de rebords,  3 148 au Canada, c’est-à-dire plus d’un pour 10 000 habitants. Dans la charmante ville navale de Sept-Îles, il y aurait, selon le correspondant d’Urbania, un Tim Horton pour 8600 habitants.

Une multiplication sans pareil.

Si la liberté individuelle c’est de ressembler désespérément aux autres, je vais me mettre à regretter l’époque formidable du grand Mao Tsé-Toung qui avait inventé avant tout le monde le col qui porte son nom et la mode uniforme à bas prix made in China.
Pourquoi, dans ces conditions, vouloir aller ailleurs quand là c’est pareil qu’ici et là-bas aussi plate qu’ici-bas.
Texte publié dans Urbania.

1 commentaire

  1. Jean-François Maltais · 27 mars 2011 Répondre

    Pour roules sur les routes de l’Amérique à l’année, je peux confirmer que tu as raison. Toutes les sorties de toutes les villes sont identiques!
    Tellement qu’on est jamais pris au dépourvu si on cherche une telle bannière.
    Par contre, pour ce qui est des particularités locales, tant culinaire que vestimentaire que d’autre encore, on repassera (comme les chinois)…

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