Pour voir loin, il faut prendre du recul

La critique est aisée, dit-on. À moins que ce ne soit «taisez» comme dans «fermez-la», ou alors «Taizé» comme la célèbre communauté œcuménique. Peu importe. Ce qui est clair, c’est que l’art est difficile.

Et c’est tout l’art du contemporain qui veut garder l’œil critique sur le monde qui l’entoure mais la tête froide face au tourbillon qui l’emporte que de savoir de temps en temps prendre une pause pour mieux reprendre le contrôle sur sa vie et passer à autre chose sans heurts ni pleurs.

Les politiciens, tiens, sont devenus des experts dans l’art de la pause, surtout de lapins, il est vrai, et la technique du passage, surtout de sapin. Ils ont pris l’habitude de laisser la poussière retomber afin de mieux pouvoir la balayer sous le tapis avec les restes navrants des dégâts irréversibles qu’ils ont causés.

La différence entre le quidam qui veut prendre le recul nécessaire pour redonner de la force à son élan et le politicien qui fait une pause parlementaire pour aller renflouer les caisses de son parti à grands coups de soupers bénéfices ou une pause médiatique pour éteindre les feux qu’il a allumés, c’est que ce dernier ne poussera jamais sur le bouton pause de sa cassette préenregistrée.

Pourtant, l’expérience a démontré que c’est en ménageant sa monture qu’on va loin. Regardez Charest. Depuis qu’il tient à deux mains les rênes du Québec, il n’a pas avancé d’un pouce. Pire, il nous a fait faire marche arrière.

Trêve de proverbes à l’emporte pièce et d’idées toutes faites. Je prends, vous l’aurez compris, le recul essentiel et le temps qu’il faut pour détricoter la réalité afin de pouvoir mieux en découdre avec elle et avec vous. De retour entre ces lignes le vendredi 18 novembre.

Texte publié dans BRANCHEZ-VOUS.

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