J’ai testé le nomadisme digital

Je suis parti un mois en Europe. Bruxelles une fois, Côte d’Azur, Paris, Bruxelles encore. J’avais envie de voir comment on pouvait profiter des formidables outils que la technologie a mis à notre disposition non plus pour être esclave des courriels et des médias sociaux, mais pour trouver de nouvelles inspirations, vivre à un autre tempo, bosser sans avoir l’impression de travailler.

Voici quelques réflexions sur l’expérience.

Décalage horaire

D’emblée, il faut avouer que j’aurais peut-être mieux fait d’aller vers la Côte Ouest. En Europe, les messages commencent à rentrer à partir de quatre heures de l’après-midi. Et quand c’est l’heure de l’apéro, vos clients commencent à peine à vous souhaiter bonne journée.

Quand on est un lève-tôt comme moi, les matinées sont tranquilles, mais les soirées sont bien occupées. Ça peut hypothéquer un souper avec des amis ou une soirée au cinéma.

Autre problème du décalage horaire, quand on m’envoie des choses urgentes à faire pour aujourd’hui, de l’autre côté de l’océan, c’est déjà bientôt demain. Ça met de la pression. Heureusement, on aime la pression (jeu de mots, N.D.L.R).

Rester connecté

Le wifi haute-vitesse fiable et accessible n’est pas encore répandu partout. L’adage français «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?» prend tout son sens quand on veut se brancher. Ça peut demander 5 fois, 10 fois de vous reconnecter au réseau auquel vous vous êtes abonné. Même dans le TGV, le wifi est erratique…. Et ça, c’est quand il y a une connexion. Certains TGV n’ont en effet même pas encore le wifi, désolé monsieur.

Moins prompt à répondre que d’habitude, je n’ai cependant jamais laissé un message en rade.

Manquer certains contrats?

Être loin, moins présent, moins visible, est-ce que ça freine certains contacts et prospects à faire appel à vous?

C’est moins facile de travailler à distance avec un réalisateur sur son approche de réalisation quand on a un océan entre nous. On l’a pourtant déjà fait quand j’étais à Montréal et le réalisateur à Londres, Miami ou Berlin.

C’est moins efficace de faire des appels-conférences avec la salle de réunion qui résonne à l’autre bout et les voix qui se mélangent dans les écouteurs. Pourtant on travaille souvent sans se voir avec des clients dont le siège social est à Laval, Québec ou Longueuil. Il y a même des clients du centre-ville que je n’ai jamais vus.

À part les rencontres impromptues au café Olimpico ou sur le boulevard Saint-Laurent qui entraînent de nouveaux contrats, la distance n’a pas causé de réelle baisse de travail. De plus, les rencontres à l’étranger permettent de découvrir de nouveaux débouchés (à suivre…)

Aujourd’hui, on a des clients partout, on travaille de n’importe où. Ce qui compte, c’est d’être à l’écoute, de répondre aux demandes, de livrer le contenu, de faire les suivis.

Le temps et la concentration

On peut facilement se laisser emporter par le farniente de la Côte d’Azur ou la stimulation des nombreuses sorties parisiennes. Il faut de la rigueur et de la discipline pour travailler. C’est vrai ici, là ou ailleurs. Il faut se ménager un espace où l’on peut retrouver sa vitesse de création et sa concentration stratégique. Et puis il faut organiser son horaire pour avoir le temps de créer, de livrer mais aussi d’en profiter.

Quand on est ailleurs, on dirait cependant qu’on a plus de temps et que les jours sont plus longs. Il faut dire qu’on va plus souvent au resto, on fait moins de ménage et moins de courses, on a moins de sollicitations, moins d’invitations, moins d’administration (ouch, les factures qui nous attendent à Montréal). On a aussi moins de perte de temps (le bureau est dans le sac, on travaille en avion ou dans le train).

Pas vraiment des vacances

Même si j’ai fait plus de siestes que d’habitude, devoir vérifier plusieurs fois par jour les messages, surtout le soir (voir plus haut), peut être astreignant.

Mais se baigner dans la Méditerranée avant de rédiger une série d’articles sur les sports d’hiver pour une grande chaîne de magasins de plein air, prendre un café crème rue Montorgueil en préparant un calendrier éditorial pour une grande municipalité québécoise ou voir défiler les paysages de Provence en finalisant une proposition pour une chaîne de télé internationale, ça n’a pas de prix.

OK, mon compte Instagram ressemble à des vacances à perpétuité, ça c’est pour le joli côté des choses. Pour le côté business, voir section clients de HENRARD.com

À refaire?

Non peut-être!

 

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