Un grain de sable


Il suffit d’une poussière, de presque rien, d’un grain de sable entre les lignes pour que la machine s’arrête. Et que l’on se sente revivre.

Dans la quête trépidante d’efficacité qui nous fait traverser le mois d’août en courant comme si la rentrée était une ligne d’arrivée, nous avons oublié que ce que nous aimons dans le temps qui passe, c’est le temps qui s’arrête. Le plaisir de l’immobilité. La vie sur pause.

Les vitrines des boutiques ont depuis longtemps déjà mis leurs manteaux d’automne, les pharmacies ont remplacé les crèmes solaires par les cahiers scolaires, les enfants retrouvent à contrecœur la routine des couchers avant dix heures et les mieux organisés d’entre nous font un grand ménage de printemps dans les habits d’été pour faire de la place aux vêtements d’hiver.

Pourtant il y a ce petit grain de presque rien qui s’est glissé dans vos baskets avec quelques centaines de ses confrères quand vous aviez marché sur les plages infinies de vos vacances au début de l’été.

En remettant vos souliers ce matin, les grains de sable ont rebondi sur le plancher de la rentrée.

Et vous vous êtes rappelé qu’il suffisait d’une poussière, d’un grain de sable pour que la machine fasse la grève.

Vous avez remis les grains de sable dans vos souliers. Et l’esprit des vacances vous a chatouillé les pieds toute la journée.

 

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